mercredi 5 octobre 2011

QU’EST-CE QUE L’AMOUR ? part 2


Voilà le 2èm commentaire dont je vous ai parlé, 
A vos plumes ///

QU’EST-CE QUE L’AMOUR ?

Dans le post du 14 septembre, il est question d’une photo de mariage dans un cadre posé sur un meuble de télévision à la vue de laquelle la femme dit : « l’amour, je ne sais pas ce que c’est ». Là-dessus, il nous est proposé de réfléchir au thème « qu’est-ce que l’amour ? ».
Une première remarque me saute aux yeux dans cette formulation : il y a là confusion manifeste entre l’amour (un sentiment) et le mariage (une institution).  L’invention du mariage remonte à l’époque romaine ; il répond à la nécessité pour l’homme d’assurer sa descendance et d’encadrer la sexualité de la femme. Les dés sont jetés, elles vivront désormais sous la tutelle de leur mari. Le mariage dit « d’amour » est quant à lui une invention du capitalisme moderne (XIXème siècle). Dans « Familles, je vous aime », l’ancien ministre Luc Ferry explique très bien la chose. Pascal Bruckner dans « Le mariage d’amour a-t-il échoué ? » avance que la quête du bonheur et l’épanouissement personnel ont eu raison de l’institution. Il y a 35 % de mariages en moins, et à 70 % ce sont les femmes qui partent.  Lorsque l’on voit ce qui se passe dans le monde au nom de l’amour, je veux dire la violence des hommes sur les femmes, on frémit : dans notre beau pays, la France, une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son « amoureux ». Au Guatemala (parce que j’en viens) c’est bien pire : une tous les jours.
Comme le disait un indien (impossible de remettre la main sur le livre où j’ai lu ce commentaire éclairant) – j’en restitue l’esprit de mémoire - : En Inde, nous mettons sur le feu un plat froid qui réchauffe lentement jusqu’à ce qu’il soit à bonne température. Chez vous en Occident, vous consommez sans attendre le plat brûlant. Hélas il refroidit bien vite, jusqu’à devenir glacé, et immangeable… Ceci illustre les différences culturelles qui séparent l’orient de l’occident.
Quant à une définition de l’amour, Lacan disait « c’est offrir quelque chose que l’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas », autrement dit c’est une construction mentale. Krisnamurti s’interroge : qu’est-ce que l’amour ? La possession ? le plaisir ? La certitude de réciprocité ? Le véritable amour humain est rarissime. L’amour le plus accessible et le meilleur pour un être humain est peut-être celui que l’on porte à la Divinité et celui qu’Elle nous porte (voir le discours d’AMMA aux Nations Unies que je t’ai envoyé récemment, on peut le mettre sur le blog. Il remonte à 2002… ). Peut-être découvre-t-on la puissance du divin quand il n’y a aucun réconfort à attendre d’aucune part. Certes, cela  peut ressembler à du renoncement, mais le Bouddha n’a-t-il pas dit que « toute souffrance vient de l’attachement et de l’amour » ? La vie est une longue remontée du sud vers le nord, de la chair à l’esprit.
Le poète (W.B. Yeats) dit : « Même si les feuilles sont innombrables, une est la racine ; pendant tous ces jours s’illusionnait ma jeunesse, et je balançais mes feuilles et mes fleurs au soleil. Aujourd’hui, je puis me faner avec la vérité » (in La sagesse vient avec le temps).
Et l’amour dans tout ça ? « Il faut se prêter aux autres et se donner à soi-même » dit Montaigne.  Alors je m’interroge, car souvent dans l’amour il arrive qu’on s’oublie, voire qu’on se perde. Corps et biens. Ame et corps. N’est-ce pas ? De toutes façons « On a beau dormir dans le même lit, on fait des rêves différents » (Mao). S’il faut une définition de l’amour pour clore mes divagations, je citerai celle tirée de l’essai d’Hervé Clerc (Les choses comme elles sont, une initiation au bouddhisme ordinaire, Folio)  :
« L’amour est l’intention et la capacité à donner de la joie » (traduction du Metta Sutta qui figure dans les Enseignements sur l’amour du Vénérable Thich Nhat Hanh, moine zen vietnamien ). L’amour ne serait pas un sentiment ni une émotion mais un pouvoir : celui de rendre heureux.
Je n’espère pas avoir répondu à la question car bien d’autres que moi se sont aventuré-e-s  sur ce terrain délicat. Mais puisque nous avons été invité-e-s à converser, conversons. Je te remercie de m’avoir incitée à réfléchir à cette question, et j’attends les commentaires !
Om shanti

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